UNP - Section Cannes et environs

Groupement Lafargue - Turpin - Bagnis - Di Masso

Ceux qui nous ont quittés

Qu'ils reposent en paix

Noël   ISSERT     UNP  01695  -  BP n° 75 335

 

 

Son décès est survenu le 18 décembre 2019 à l’âge de 86 ans.

 

Noël ISSERT est né le 7 décembre 1933 à Mougins.

 

En 1952, bien que riche d’une formation de technicien sur machines-outils,  le jeune ISSERT ne résiste pas longtemps à l’appel des parachutistes coloniaux ceux qui, à l’époque arborent, le béret rouge. Dès cet instant, il n’aspire qu’à embrasser le rude métier des armes.

 

Il rejoint leurs rangs et, plus que noblement, servira  l’honneur de la France en Indochine.

 

De février 1952 à  février 1953, engagé volontaire  3ans, il est affecté à la 1ère demi-brigade coloniale de commandos parachutistes, brevet para le 3 janvier 1953, il est muté au groupement des troupes coloniales à Fréjus, il reçoit la formation spécifique guérilla Indochine.

 

En février  1953, il débarque au Sud-Vietnam et est  affecté au 8 ème bataillon de parachutistes de choc. Lors de son baptême du feu, le 18 février 1953, opération de nettoyage  « Danielle », dans la plaine des joncs (Cochinchine), il s’y révèle homme de sang-froid et plein d’allant.

 

Après une série ininterrompue d’interventions coups de poing et de raids aéroportés, le commando Issert, avec l’affirmation de l’expérience, fait montre de très belles qualités guerrières, en maintes occasions et notamment, le 20 avril 1953, lors d’un difficile combat d’arrière-garde, dans la région de Ninh Hoa au col de Da Han ( Sud –Annam).

Son courage et son implication dans la retraite d’une unité amie seront salués par ses chefs.

Blessé par éclats de mortier à la «  cuisse gauche », il sera cité à l’ordre du régiment par le général commandant les forces terrestres du centre –Vietnam.

 

Lors de la plus grande et la plus sanglante des batailles du corps expéditionnaire français en indochine qui débute le 13 mars 1954 à Dien Bien Phu, par l’opération aéroportée franco-vietnamienne «  Castor » de reconquête de la cuvette boisée, avec une piste d’envol en pays Thaî (Haut Tonkin), encerclée le 20 novembre 1953, sous le commandement du général Gilles, commandant les TAPI, il vivra l’extrême harassement de 113 jours de «  drôle de guerre », à savoir les travaux de défense et d’aménagement, menés sous harcèlement Vietminh, qui vont donner au camp retranché l’aspect d’un Verdun asiatique.

 

Désormais et sans répit, le caporal ISSERT , valeureux chef d’équipe feu de la section d’assaut, s’aguerrira  avec abnégation, bravoure et panache, affrontera la mort en face, lors des combats singuliers et redoutables, à la rescousse de frères d’armes en mauvaise posture sur les pitons ou à récupérer des positions perdues, menés par la 2ème compagnie aux ordres du capitaine Pichelin (ancien résistant, jeune officier de 30 ans solide et respecté- 2 séjours en Indochine).

 

Dans le cadre des action offensives du plan de défense dévolues au 8ème choc aux ordres du capitaine Tourret, constituant avec le 1er bataillon étranger de parachutistes et le 6ème bataillon de parachutistes coloniaux les unités d’interventions du groupement opérationnel nord-ouest (GONO), à la main du lieutenant-colonel Langlais, secondé par le chef de bataillon Bigeard, au plus fort de l’affrontement, il participera, le 31 mars 1954, à la reconquête de «  Dominique 2, » la plus vitale des positions périphériques assignée à la 2ème Cie du 8ème choc, sommet coiffé sans trop de pertes, mais se révélant intenable sans renfort.

L’unité fondant sous les coups de l’artillerie Viet décroche, accroche, mais est désorganisé par l’éclatement d’un obus qui fauche le capitaine Pichelin et son entourage proche, le sergent- chef Carré de la section d’assaut et l’infirmier Smith, le radio est sérieusement blessé.

 

Le caporal ISSERT s’en tire sans blessure, ce jour-là. A l’issue de ce terrible combat, son unité, plus que décimée, sera dissoute et les rescapés incorporés à la 3ème compagnie du lieutenant Bailly  qui, à son tour, a frisé l’amputation d’un pied le 7 mai 1954.

 

Le 18 avril 1954, dimanche de Pâques, le PA « Huguette 6 », dernier rempart du dispositif au nord, n’étant plus défendable après de coûteuses tentatives de dégagement, l’honneur d’une sortie de vive force, au milieu des lignes ennemies, est le choix de ses occupants. Sur quelque 180 derniers défenseurs, 65 manqueront à l’appel.

 

En situation de protection et de recueil au «  centre Opéra », pointe nord du terrain d’aviation, au sein de sa nouvelle compagnie sous un déluge d’artillerie, le parachutiste ISSERT sera grièvement blessé. Evacué sur l’antenne chirurgicale du médecin-commandant Grauwin, il y subira, dans la soirée, l’amputation sommaire de sa jambe gauche.

 

Fait prisonnier, le 7 mai 1954, au blockhaus/infirmerie du 8ème choc, bénéficiant de la « grande clémence »  de l’oncle Ho Chi Minh, le 19 mai 1954, jour anniversaire de ce dernier, il recouvre la liberté, en figurant sur la 1ère liste de 81 «grands blessés» évacués sur l’hôpital Lassan à Hanoî.

 

C’est sur son lit d’hôpital que, cité à l’ordre de l’armée,  il recevra des mains du général de corps d’armée Navarre, commandant en chef en Indochine, les insignes de sa médaille militaire, décernée à titre exceptionnel et de la croix de guerre TOE avec palme.

 

Ce brillant soldat, rendu à la vie civile le 6 juillet 1956, devait ensuite se révéler  un employé exemplaire des services techniques de l’Hôtel Carlton pendant 20 ans.

 

Noël ISSERT a été fait chevalier de la Légion d’Honneur  le 4 octobre 1969 et élevé au grade d’officier  le 14 juillet 2008 à Cannes.

 

 

Nous adressons nos sincères condoléances à sa famille et à ses proches.